Traitement

Il n’existe aucun traitement définitif du SHUa. Il n’existe pas non plus de traitement de référence étant donné que chaque cas est différent. À court terme, l’approche thérapeutique repose sur un traitement de soutien adapté aux symptômes du patient.

Une fois que l’on connaît bien les symptômes d’un patient atteint de SHUa, on peut alors élaboré un plan de traitement. Les néphrologues (médecins spécialistes de la fonction rénale) traitent les patients au moyen de médicaments qui préviennent les caillots sanguins, de même que par des transfusions sanguines, des perfusions de plasma (le plasma est la composante liquide du sang) et la plasmaphérèse (méthode de filtration du sang) afin de remplacer les protéines manquantes ou défectueuses du sang.

Transfusions sanguines :

Les transfusions sanguines sont presque toujours le traitement de première intention du SHUa étant donné que lors de leur admission à l’hôpital, les patients présentent généralement une anémie (taux de globules rouges anormalement bas). On peut alors procéder à une transfusion de concentré de globules rouges, de sang complet et/ou de plaquettes afin de stabiliser le patient. Ces produits permettent de rétablir la composition normale du sang pendant une courte période, mais non de traiter la maladie.

Traitements plasmatiques :

Les traitements plasmatiques représentent la façon la plus courante de traiter le SHUa. Le plasma de donneurs sains est transfusé à un patient atteint de SHUa par une méthode appelée perfusion de plasma. Dans les cas difficiles, on peut plutôt recourir à la plasmaphérèse (échange plasmatique). La plasmaphérèse consiste à prélever du sang du patient, d’en soustraire le plasma endommagé, puis de le remplacer par le plasma du donneur. Le sang contenant des globules rouges et blancs normaux est ensuite transfusé au patient. Une séance de plasmaphérèse peut durer de une à trois heures (une seule perfusion de plasma peut prendre à peine 30 minutes ou durer plusieurs heures).

Aucune étude clinique n’a montré que l’échange plasmatique est sûr ou efficace pour traiter le SHUa. L’échange et la perfusion de plasma ne traitent pas les causes sous­jacentes de la maladie et ne la guérissent pas. Les symptômes peuvent donc réapparaître au cours du temps.

Dialyse :

Chez les patients atteints de SHUa, les reins peuvent cesser définitivement ou temporairement de fonctionner. Lorsque les reins ne fonctionnent pas normalement, la dialyse peut être utilisée pour les remplacer provisoirement. La dialyse est une méthode dans laquelle le sang circule à travers un appareil pour en éliminer les déchets et le surplus d’eau, ce qui permet de pallier artificiellement la perte de la fonction rénale. Bien qu’elle soit vitale, la dialyse peut être dangereuse et risquée. Chez les patients dialysés, la transplantation rénale ne devient une option thérapeutique viable que lorsqu’un traitement conduisant à une rémission est trouvé, permettant ainsi de prévenir les dommages au(x) nouveau(x) rein(s).

Traitements pharmacologiques :

Récemment, l’éculizumab (nom commercial : Soliris), qui bloque l’activation du complément, a été lancé en tant qu’option dans le traitement du SHUa.  Des études portant sur l’utilisation de l’éculizumab chez des adolescents et des adultes atteints de SHUa ont montré que ce médicament est hautement efficace et sûr (lorsque des mesures appropriées sont prises pour contrer certaines infections) pour traiter le SHUa et améliorer la qualité de vie des patients. Soliris a été approuvé pour le traitement du SHUa au Canada, aux États­-Unis, au Royaume-Uni, dans l’Union européenne et au Japon. Contrairement aux traitements plasmatiques traditionnels, cette nouvelle option thérapeutique a le potentiel de changer le cours de la maladie et offre pour la première fois une réelle possibilité de transplantation aux patients atteints de SHUa et sous dialyse d’entretien.

Consultez votre médecin à propos d’un plan de traitement qui comprend une surveillance et un suivi réguliers de votre maladie.